Mali : Nouvelle tuerie un an après dans un village martyr

Dalia Hamam Dimanche 16 Février 2020-15:26:18 Actualités Internationales
Le village d’Ogossagou après le massacre de quelques 160 habitants peuls, le 25 mars 2019 au Mali
Le village d’Ogossagou après le massacre de quelques 160 habitants peuls, le 25 mars 2019 au Mali

Le Mali pris dans une spirale de violences intercommunautaires et jihadistes a connu une nouvelle journée sanglante avec la mort de 31 civils dans un village déjà visé par une attaque meurtrière un an plus tôt et celle de neuf autres personnes tombées dans une embuscade contre l’armée, également dans le centre du pays.

Une trentaine d’hommes armés ont donné l’assaut et semé la mort dans la nuit de jeudi à vendredi à Ogossagou (centre), où 160 Peuls avaient été massacrés en mars 2019, a déclaré à l’AFP le chef du village, Aly Ousmane Barry. Trente-et-un villageois ont été tués, selon un nouveau bilan gouvernemental. Plusieurs ont été retrouvés calcinés. Une partie du village a été incendiée, selon l’AFP.

Quelques heures après, neuf personnes ont péri dans un guet-apens tendu à une unité de l’armée à Bentia, dans la région de Gao (centre), a informé le gouvernement dans un communiqué en indiquant sans autre précision que huit des victimes étaient des civils. Un soldat a trouvé la mort dans une attaque distincte à Mondoro, selon l’armée.

Les chasseurs traditionnels dogon, déjà incriminés en 2019, ont à nouveau été montrés du doigt par des responsables locaux à Ogossagou sans que rien ne permette de corroborer indépendamment le caractère communautaire de l’attaque dans cette zone reculée frontalière du Burkina Faso. Le gouvernement et l’armée, soumises ces derniers mois à une succession d’attaques jihadistes, n’ont pas désigné les assaillants à Bentia. Les autorités ont, elles, été mises en cause en raison du retrait de l’armée d’Ogossagou quelques heures avant le carnage. “On avait dit aux militaires de ne pas partir et ils sont partis. Ce qui a encouragé les chasseurs traditionnels à revenir”, s'est exprimé un élu local sous couvert d’anonymat pour des raisons de sécurité.

Ogossagou avait été visée le 23 mars 2019 par une attaque qui avait coûté la vie à 160 civils. Attribuée à des chasseurs dogon, elle avait été le point culminant de violences intercommunautaires alors en cours dans le centre. Cette région est prise dans un tourbillon de violences depuis 2015 et l’apparition d’un groupe jihadiste emmené par le prédicateur peul Amadou Koufa, qui a largement recruté parmi sa communauté, et rejoint le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), principale alliance jihadiste du Sahel affiliée à Al-Qaïda, dès sa création en 2017.

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